
Quand la conscience s’importe : l’affaire Sansal et la servitude algérienne
Un président allemand parle. La présidence algérienne écoute. Et voilà qu’un écrivain de 81 ans, condamné à cinq ans de prison ferme pour ses idées, retrouve soudain une humanité aux yeux de ses propres bourreaux.
L’intervention de Frank-Walter Steinmeier auprès d’Abdelmadjid Tebboune pour obtenir la grâce de Boualem Sansal — arrêté le 16 novembre 2024, condamné en mars puis en appel en juillet 2025 — révèle l’état de déliquescence morale d’un régime qui n’agit que sous pression étrangère. Le président allemand a demandé un « geste humanitaire » pour que l’auteur du Village de l’Allemand, malade et âgé, puisse recevoir des soins outre-Rhin. Berlin propose même de l’accueillir. Paris, pour sa part, multiplie les « dialogues exigeants » avec Alger. Et c’est là que le spectacle devient obscène.
La presse nationale algérienne, cette courroie de transmission du pouvoir, cette machine à propagande qui s’est nourrie pendant des mois de la mise à mort symbolique de Sansal, découvre subitement les vertus de l’humanisme. Les mêmes plumes qui l’ont traité de « bâtard », d’« agent du Mossad », d’« agent de la France » et de « traître », parlent désormais d’un « homme âgé et malade ». Le vocabulaire change. Le ton s’adoucit. La meute a reçu l’ordre de lever le siège.
Plus grave encore : des figures de l’opposition elle-même ont cédé à la propagande. Noureddine Aït Hamouda, ancien dirigeant du RCD et plusieurs fois victime de l’arbitraire du pouvoir algérien, a rejoint le chœur des justiciers. Les journalistes Abed Charef, Ghania Mouffok, Saïd Djafer, les écrivains Yasmina Khadra, Rachid Boudjedra, Akli Tadjer et tant d’autres ont, eux aussi, traité Sansal de traître. Indirectement, ils ont justifié son envoi à l’échafaud. Ils ont cautionné l’inacceptable. Cette opposition-là n’en est plus une. Elle est devenue le reflet inversé du pouvoir qu’elle prétend combattre : autoritaire, sectaire, incapable de tolérer la dissidence. Dans ce pays où les fractures identitaires sont instrumentalisées par le régime, même ceux qui se disent démocrates confondent débat et hérésie, critique et trahison.
Que dit cette affaire de l’Algérie en 2025 ? Qu’elle est un pays où la conscience s’importe de l’étranger. Où les droits de l’homme ne s’appliquent que sur injonction internationale. Où un pouvoir sans culture, sans dignité, sans conscience, ne reconnaît la valeur d’un homme que lorsqu’un président européen daigne le lui rappeler.
La présidence algérienne fonctionne comme une chambre d’échos. Elle répète, mécaniquement, les ordres reçus. Elle n’a ni vision, ni projet, ni colonne vertébrale. Les institutions de l’État sont en état de délabrement absolu. La justice ? Son visage est illisible, son indépendance inexistante. Elle condamne sur commande et réhabilite sur pression.
C’est le règne de l’arbitraire érigé en système. Un territoire qui ressemble davantage à un goulag qu’à une société moderne. Les hommes de lettres n’y jouent que le rôle de décor dans un simulacre de vie culturelle. Ils sont tolérés tant qu’ils se taisent, anéantis dès qu’ils parlent.
Boualem Sansal mérite mieux que cette mascarade. Il mérite mieux que d’être réhabilité par procuration, sous la pression diplomatique. Il mérite d’être reconnu pour ce qu’il est : l’un des plus grands écrivains algériens contemporains. Un homme qui a osé dire ce que beaucoup pensent tout bas. Un homme qui a refusé de courber l’échine devant les nouveaux inquisiteurs.
Tant mieux s’il sort de prison. C’est le minimum qu’une nation doive à l’un de ses plus grands écrivains. Mais cette libération, si elle advient, ne sera pas un acte de justice. Elle sera un geste calculé, une concession tactique d’un régime aux abois, acculé par la communauté internationale.
Il existe des nations où les écrivains sont considérés comme des êtres de lumière, des prophètes qui éclairent le chemin. L’Allemagne en fait partie. La France aussi. Ces pays savent que la liberté d’expression n’est pas négociable, que la pensée ne se condamne pas, que les idées ne se mettent pas en prison. L’Algérie, elle, préfère la nuit à la lumière. Elle préfère le silence au débat. Elle préfère la servitude à la liberté. Et c’est ainsi qu’elle roule à sec en matière de dignité humaine. C’est ainsi qu’elle importe jusqu’à sa conscience.

Votre « papier » est un condensat se haine de l’Algérie en tant que pays,pas seulement du gouvernement qui l’a dérige.
Ce que l’Occident ne pardonne pas à l’Algérie c’est le fait d’être souveraine, rétive à toute tutelle d’où qu’elle vienne. En France Sarkozy à été condamné à 5 ans mais n’est resté que 20 jours en prison ! Est-ce normal dans un pays qui prétend incarner la liberté et l’égalité et qui s’érige en donneur de leçons en matière des droits de l’homme. Revoyez votre copie…
« Sang sale » est un traitre. Y-a-t-il un francais pour dire dans un journal allemand que : l’Alsace est la Lorraine sont allemandes d’ailleurs ethniquement et linguistiquement les alsaciens et lorrains sont allemands. Et un autre pour dire dans un journal italiens que : » la Corse a tours était italienne jusqu’a 1776. D’ailleurs géographiquement, ethniquement et linguistiquement les corses sont italiens.
Mais où avez-vous trouvé tant d’énergie pour cracher un tel venin sur un pays, une société, une nation en défense d’un individu qui s’est allié aux héritiers de l’OAS et des supplétifs des waffenSS et autres miliciens pétainistes traîtres à la France des Gabriel Péri, Jean Moulin, Guy Mocquet, pour salir le pays qui lui a donné sans compter. De cela pas un mot. Les écrivains seraient donc irresponsables pour les propos qu’ils tiennent ? Revisiter donc l’histoire littéraire du pays que le décret Crémieux a fait vôtre. Pays de servitude dites-vous en parlant de l’Algérie, mais la vôtre très volontaire se range du côté de la haine zoologique et historique du RN, et discrédite totalement la littérature.
J’ai bien compris que vous ne publierez pasl e commentaire sur l’article de Mme Dray que je vous ai transmis cette matinée.
Je vous le livre de nouveau, puisque vous défendez la liberté d’expression:
Mais où avez-vous trouvé tant d’énergie pour cracher un tel venin sur un pays, une société, une nation en défense d’un individu qui s’est allié aux héritiers de l’OAS et des supplétifs des waffenSS et autres miliciens pétainistes traîtres à la France des Gabriel Péri, Jean Moulin, Guy Mocquet, pour salir le pays qui lui a donné sans compter. De cela pas un mot. Les écrivains seraient donc irresponsables pour les propos qu’ils tiennent ? Revisiter donc l’histoire littéraire du pays que le décret Crémieux a fait vôtre. Pays de servitude dites-vous en parlant de l’Algérie, mais la vôtre très volontaire se range du côté de la haine zoologique et historique du RN, et discrédite totalement la littérature.