
Boualem Sansal se porte candidat à l’Académie française
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a officiellement déposé sa candidature à l’Académie française ce jeudi 8 janvier 2026, à 16h30, heure limite fixée pour prétendre au fauteuil numéro 3 laissé vacant par Jean-Denis Bredin. L’auteur, qui a adressé une lettre au secrétaire perpétuel Amin Maalouf et aux Immortels, fait partie d’une liste de candidats comprenant notamment Yves-Denis Delaporte, Jean-Yves Gerlat, Philippe Leuckx, Olivier Mathieu, Pascale Cossart, Isaline Remy et Eduardo Pisani. L’élection se tiendra le jeudi 29 janvier 2026, après un premier scrutin tenu le 11 décembre dernier qui s’était terminé par une « blanche », aucun candidat n’ayant alors obtenu la majorité requise. Selon plusieurs observateurs du milieu littéraire, cette élection pourrait être « dans un fauteuil » tant la candidature de Boualem Sansal semble s’imposer.
L’écrivain de 80 ans, emprisonné durant près d’une année à Alger avant d’être gracié en novembre 2025, a reçu plusieurs distinctions majeures depuis son arrestation en novembre 2024. En octobre 2025, alors qu’il purgeait encore sa peine, l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique l’a élu membre au fauteuil numéro 37, succédant à Michel del Castillo. Cette institution a salué un écrivain qui porte haut la fonction créatrice inséparable de la liberté. Au printemps 2025, Boualem Sansal a été désigné lauréat du prestigieux Prix mondial Cino Del Duca, doté de 200 000 euros, l’une des plus importantes récompenses littéraires internationales après le Prix Nobel. Le jury, présidé par Amin Maalouf, a rendu hommage à la force d’un écrivain qui continue de faire entendre une parole libre et profondément humaniste par-delà les frontières et les censures. Le 18 juin 2025, Antoine Gallimard a reçu ce prix en son nom, et le 4 décembre 2025, trois semaines après sa libération, l’Académie française lui a rendu hommage sous la Coupole.
Romancier majeur de la scène francophone, Boualem Sansal s’est imposé comme une voix incontournable de la littérature contemporaine. Son œuvre, souvent censurée en Algérie, dénonce les dérives totalitaires et religieuses. Son roman 2084 : la fin du monde avait été couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2015. Si son élection se confirme le 29 janvier, elle constituera un symbole fort du rôle de la littérature comme rempart contre toutes les formes d’oppression.
