
Après Sansal et Daoud, le maccarthysme à grande échelle commence en Algérie
Après la caporalisation de Yasmina Khadra, transformé en un clin d’œil en un vulgaire bouffon du roi, l’arrestation arbitraire de Boualem Sansal et l’émission de deux mandats d’arrêt internationaux contre Kamel Daoud, le pouvoir algérien en a fini avec les écrivains les plus connus d’Algérie. Maintenant, il peut s’en prendre aux autres.
Ce sont d’abord les éditeurs, notamment Gallimard, Frantz Fanon et Koukou, exclus du SILA et surveillés comme du lait sur le feu. Ensuite, c’est le maccarthysme à grande échelle qui commence. C’est ainsi que Salima Melizi, poétesse, directrice de la maison d’édition « Le 21ème Siècle » et épouse de l’écrivain Aziz Ghermou – ancien directeur de l’excellent journal El Khabar et Hebdo, auteur du roman magnifique Le leader de la minorité absolue – a été mise en mandat de dépôt.
Selon les informations judiciaires, le tribunal de Bir Mourad Raïs a placé en détention préventive Salima Melizi ainsi que Myriam Aziri, directrice de la maison d’édition « Al Raed », à la prison d’El Harrach (Koléa). Les deux éditrices sont poursuivies pour « diffamation et insulte à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ».
L’affaire concerne des publications et commentaires diffusés sur Facebook au sujet d’Ibtissem Hamlaoui, présidente de l’Observatoire national de la société civile et présidente du Croissant-Rouge algérien. Ces publications contiendraient des informations erronées et trompeuses, notamment concernant une prétendue confiscation de son passeport, une interdiction de voyager et des accusations d’espionnage.
Pour rappel, Ibtissem Hamlaoui, une femme sans aucun parcours ni dans la politique, ni dans le domaine associatif ni dans un quelconque autre domaine, a été portée à des responsabilité du jour au lendemain pour s’être violement opposée au Hirak, à travers des déclarations agressives et sulfureuse. Sortie du chapeau par le grand magicien national, M. Abdelmadjid Tebboune, elle a vite gravi les échelons pour jouir aujourd’hui d’un statut de ministre, ce qui lui assure une immunité et lui permettant à elle, mais aussi à ses parrains, d’agir en toute impunité et de transformer les moyens de l’État en instrument de mise à sac du moral de la nation.
Cette affaire, aussi banale puisse-t-elle paraitre, n’est qu’un prélude à au maccarthysme qui semble faire office d’une stratégie d’État depuis l’échec du Hirak et la reprise autoritaire qui s’en est suivie. L’avenir s’annonce plus que sombre, surtout que l’arrestation de ces deux dames, écrivaines et éditrices, intervient le jour de l’ouverture officiel du Salon international du livre d’Alger, un rendez-vous censé promouvoir la écrivains mais ingénieusement transformé en machine à distribuer des certificats de larbinisme par des bureaucrates haineux, incultes et revenchards.
